Le salaire AESH 24h en 2026 reflète une réalité double : d’une part, une rémunération officielle qui s’appuie sur une grille salariale indiciaire, d’autre part, un salaire réellement perçu, lié à un temps de travail souvent incomplet. Environ 98 % des accompagnantes d’élèves en situation de handicap exercent à temps partiel, souvent à 24 heures par semaine, ce qui limite considérablement leurs revenus. Cette situation soulève plusieurs enjeux essentiels pour comprendre la rémunération AESH, ses indemnités, et les évolutions attendues pour 2025 et au-delà.
- Un salaire net AESH 24h environ entre 910 € et 1 116 € nets selon l’ancienneté
- Une grille salariale AESH à 11 échelons, avec progression automatique tous les 3 ans
- Des indemnités AESH complémentaires, comme l’indemnité de fonction et les primes REP/REP+
- Une évolution stagnante du point d’indice gelée depuis 2023, qui pèse sur le pouvoir d’achat
- Une proposition de fonctionnarisation avec une éventuelle revalorisation salariale en 2026
Explorer ces éléments vous permettra de mieux appréhender la rémunération AESH 24h, les modalités du contrat AESH, le temps de travail AESH, ainsi que les perspectives d’augmentation salaire AESH attendues. Nous aborderons également les conditions de travail AESH qui impactent fortement cette profession indispensable à l’école inclusive.
Structure et calcul du Salaire AESH 24h selon la grille salariale AESH
Au cœur du calcul du salaire AESH 24h se trouve la grille salariale AESH à 11 échelons. Cette grille, récemment revalorisée en 2024, sert à définir le traitement indiciaire mensuel brut, en fonction de l’ancienneté. Chaque échelon correspond à un indice majoré, qui multiplié par la valeur du point d’indice fixe le salaire brut. En 2026, cette valeur reste bloquée à 4,92278 €. Une AESH débutante au premier échelon perçoit un indice majoré de 371 tandis qu’une AESH en fin de carrière, à l’échelon 11, arrive à un indice de 455.
Le salaire brut mensuel à 100 % pour ces échelons est respectivement de 1 826 € et 2 240 €. Sur cette base, les cotisations sociales (environ 20 %) sont prélevées pour obtenir un salaire net mensuel. Ainsi, une AESH à temps plein gagne entre 1 467 € nets en début de carrière et 1 800 € nets en fin de carrière.
Or, 98 % des AESH travaillent à temps incomplet, la majorité effectuant 24 heures par semaine, correspondant à une quotité de 62 %. Le salaire net pâtit donc directement de ce temps réduit. Par exemple, une AESH 24h débutante touche environ 910 € nets, montant qui progresse lentement avec l’ancienneté pour atteindre environ 1 116 € nets en fin de carrière.
Voici un tableau synthétique illustrant cette situation :
| Échelon | Indice Majoré | Salaire Brut (100 %) | Salaire Net (100 %) | Salaire Brut (62 % – 24h) | Salaire Net (62 % – 24h) |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 (Début) | 371 | 1 826 € | ~1 467 € | 1 132 € | ~910 € |
| 5 (Milieu carrière) | 395 | 1 944 € | ~1 562 € | 1 205 € | ~969 € |
| 8 (Confirmée) | 425 | 2 092 € | ~1 681 € | 1 297 € | ~1 042 € |
| 11 (Fin carrière) | 455 | 2 240 € | ~1 800 € | 1 388 € | ~1 116 € |
Ce tableau met en lumière une progression salariale linéaire et limitée, qui se reflète dans la vie quotidienne des AESH. De fait, les augmentations liées à la montée dans les échelons sont automatiques, mais espacées tous les trois ans environ. Cette lenteur est souvent pointée du doigt, particulièrement dans un contexte où l’indice de base du salaire reste figé, sans prise en compte directe de l’inflation.
Pour en savoir plus sur la méthode précise de calcul et sur les différences entre salaire brut et salaire net, nous vous recommandons cet article détaillé sur le salaire net AESH 24h en 2024, un excellent point de départ pour mieux comprendre la rémunération AESH.
Les indemnités AESH : compléments essentiels à la rémunération AESH 24h
Outre le traitement indiciaire, les AESH perçoivent plusieurs indemnités AESH qui viennent compléter leur rémunération. Ces indemnités, parfois méconnues, jouent un rôle clé pour tenter d’améliorer le niveau de vie des accompagnantes.
L’indemnité de fonction
Depuis septembre 2023, une indemnité de fonction a été instaurée, correspondant à 1 529 € brut par an à temps plein. Cette indemnité est proportionnelle à la quotité de travail et s’élève donc à environ 63 € nets mensuels pour les AESH 24h. Par exemple, une AESH débutante à 62 % verra son salaire net grimper à presque 973 € mensuels grâce à ce complément.
Primes REP et REP+
Les AESH employées dans les Réseaux d’Éducation Prioritaire (REP) et REP+ bénéficient de primes supplémentaires qui peuvent atteindre jusqu’à 310 € bruts mensuels pour un temps plein en zone REP+. Cette prime modulée selon la quotité représente une ressource importante dans certaines zones géographiques sensibles.
L’indemnité de résidence
Selon la localisation géographique, une indemnité de résidence peut être ajoutée, variant de 0 à 3 % selon que l’accompagnante travaille en zone rurale ou en Île-de-France, par exemple. Une AESH 24h en zone 1 touchera donc une indemnité mensuelle d’environ 34 € brut.
Autres compléments
Des indemnités spécifiques existent aussi, comme l’indemnité AESH référent (660 € brut annuel) ou le supplément familial de traitement pour les auxiliaires ayant des enfants à charge. Ces compléments, même s’ils restent modestes, apportent un soutien financier essentiel aux AESH sur le terrain.
- Indemnité de fonction : 1 529 € brut/année (au prorata)
- Prime REP : 1 106 € brut/année
- Prime REP+ : jusqu’à 3 711 € brut/année
- Indemnité de résidence : jusqu’à 3 % du traitement brut
- Indemnité AESH référent : 660 € brut/an
Il est donc indispensable d’intégrer ces indemnités AESH à la réflexion sur la rémunération AESH réelle, particulièrement lorsqu’on évoque un contrat AESH 24h. Plusieurs témoignages font état que malgré ces compléments, la rémunération globale reste insuffisante face au coût de la vie, ce qui explique que beaucoup d’accompagnantes doivent cumuler plusieurs emplois ou bénéficier d’aides sociales.
Pour approfondir ces éléments sur les indemnités, notamment les modalités de calcul des primes REP et REP+, vous pouvez consulter un article détaillé sur la conversion du salaire brut en net en 2025.
Évolution salaire 2025 : perspectives, augmentation salaire AESH et impacts du gel du point d’indice
La récente évolution salaire 2025 reste mitigée pour les AESH. La grille salariale inclut désormais 11 échelons, avec une progression automatique tous les 3 ans qui génère des augmentations faibles mais régulières. La revalorisation du point d’indice, nécessaire pour préserver le pouvoir d’achat, est toutefois gelée depuis 2023, affectant considérablement les revenus.
Cette situation crée un paradoxe : l’AESH gagne plus en vieillissant dans la fonction, mais le confinement du point d’indice freine la dynamique salariale réelle. L’inflation cumulée entre 2023 et 2026 dépasse 8 %, ce qui équivaut à une baisse du pouvoir d’achat réel pour ces professionnelles.
En réponse, une proposition de loi sénatoriale déposée en juillet 2025 vise à fonctionnariser les AESH. Ce projet prévoit de les intégrer dans un corps de catégorie B avec:
- Un recrutement par concours
- Une formation initiale renforcée
- Un temps de travail élargi couvrant les temps périscolaire et internat
- Des droits et avantages alignés sur les agents titulaires
Cette évolution potentielle pourrait générer une augmentation salaire AESH notable, tant par la revalorisation des grilles que par la stabilité du statut. La séance plénière du Sénat est attendue début janvier 2026 pour examiner ce texte qui pourrait transformer les conditions de travail AESH.
Ce débat souligne la nécessité d’un véritable accompagnement salarial et professionnel pour ces agentes essentielles au bon fonctionnement des écoles inclusives.
Temps de travail AESH : réalité et ses conséquences sur la rémunération AESH 24h
La plupart des AESH en France travaillent à temps partiel, avec une quotité de service moyenne autour de 62 %, correspondant généralement à 24 heures hebdomadaires sur l’année scolaire. Cette modalité découle directement des besoins établis par les notifications MDPH et la répartition faite par les Pôles Inclusifs d’Accompagnement Localisé (PIAL).
Le plafond annuel fixé à 1 607 heures à temps plein correspond à une moyenne de 39 heures par semaine sur 41 semaines. En pratique, une AESH travaillant 24 heures par semaine effectue environ 984 heures, soit 62 % de ce total. Cette situation, subie plus que choisie, aboutit à des revenus que beaucoup jugent insuffisants.
Le temps incomplet a de multiples impacts :
- Limitation directe des revenus du poste principal, souvent insuffisants pour vivre décemment
- Multiplication des contrats ou cumuls d’emplois pour compléter les ressources
- Fragmentation des horaires et complexité organisationnelle, avec des accompagnement répartis sur plusieurs établissements
Voici un aperçu des salaires nets mensuels estimés selon quotité, pour une AESH au premier échelon :
| Quotité | Heures/semaine | Heures annuelles | Salaire Brut Mensuel | Salaire Net Mensuel |
|---|---|---|---|---|
| 50 % | 19,5 h | 803 h | 913 € | ~733 € |
| 52 % | 20 h | 836 h | 950 € | ~763 € |
| 62 % (24h) | 24 h | 984 h | 1 132 € | ~910 € |
| 68 % | 26,5 h | 1 093 h | 1 242 € | ~998 € |
| 100 % | 39 h | 1 607 h | 1 826 € | ~1 467 € |
Ce tableau met en lumière la difficulté de couvrir ses besoins avec un seul emploi d’AESH, alors que le temps partiel est subi. Le manque de temps complet entraîne parfois une nécessité de cumuler avec d’autres emplois notamment dans le périscolaire. Pour celles et ceux qui doivent se déplacer entre plusieurs établissements, des solutions comme le covoiturage professionnel peuvent s’avérer pratiques et économiques. Nous vous invitons à découvrir comment Comuto Pro facilite ces déplacements.
Statut, contrat AESH et conditions de travail AESH : impacts sur la carrière et la rémunération AESH
Le statut d’AESH reste celui d’agents contractuels de droit public, employés en CDD initialement. Depuis mi-2023, le passage automatique en CDI est fixé après 3 ans de contrats renouvelés, une avancée notable vers la sécurisation des parcours.
Le contrat AESH inclut des contraintes spécifiques, comme la quotité imposée liée aux notifications MDPH, et une rémunération dépendante de la grille salariale et des indemnités. Le statut contractuel, sans grade supérieur possible, limite l’évolution salariale malgré une progression indiciaire automatique.
Les conditions de travail AESH suscitent des débats, notamment concernant la gestion des PIAL. Ces structures pilotent l’affectation des accompagnantes, souvent sur plusieurs écoles ou établissements, rendant la charge de travail morcelée et difficile à organiser.
Sur le plan salarial, cette situation se traduit par un faible plafond d’évolution. Une AESH voit son salaire augmenter d’environ 11 € nets annuels à temps plein, et les quelques compléments d’indemnités ne changent pas fondamentalement la réalité financière.
- Statut d’agent contractuel, passage en CDI après 3 ans
- Progression lente dans la grille indiciaire à 11 échelons
- Absence de grades supérieurs ou promotions significatives
- Conditions de travail morcelées et contraintes liées aux PIAL
- Rémunération limitée avec peu de marge de manœuvre
Pour approfondir les questions relatives à la gestion des contrats AESH et aux spécificités du temps de travail, nous vous recommandons la lecture de cet article sur la rémunération AESH en temps partiel qui éclaire bien les réalités professionnelles.

